Rechercher dans ce blog

10 novembre 2010

JDB2


Suite à la lecture du CCPARDC, un point à étudier qu’il me semble important de traiter est l’importance de la langue française dans un contexte de multiculturalisme québécois. À travers la lecture, on découvre «la centralité accordée à la langue française» au Québec (Rocher et collab., 2007, p.2). En tant que Québécoise qu’on pourrait désigner - à l’aide des termes péjoratifs – de pur souche, j’ai décide de m’interroger sur l’attachement du peuple québécois à cette langue. Quelles en sont les causes? Comment un peuple, une nation (dans le sens ou le Québec n’a pas un territoire indépendant du reste du Canada), peut-il avoir réussi à éviter l’assimilation au niveau langagier et ce, depuis 300 ans? 


Au niveau historique, la prise du territoire par Samuel de Champlain au nom du Roi de France marque le début de l’arrivée de colons, originaires de France. Dans leur quotidien, chacun a conservé les traditions du pays natal, dont la langue. Mais la conservation de ses traditions s’est compliquée suite à la conquête anglaise : les Anglais tentèrent d’assimiler le peuple canadien-français en les acculturant, notamment en souhaitant la perte de la langue maternelle. Soutenus par les forces ecclésiastiques, les Canadiens français furent encouragés à se déplacer vers les campagnes, un endroit plus opportun à la conservation de la religion, de la langue et de la culture ; les Anglais vivant plutôt dans les villes. La langue est devenue un des moyens de résister au nouveau régime. Ainsi, le peuple francophone s’est battu pour conserver le français, ce qui peut expliquer l’importance accordée à celui-ci (pour en savoir plus). C’est d’ailleurs d’après ce risque d’attaques futures potentielles qu’on peut comprendre l’instauration de diverses lois concernant la langue au Québec, la plus connue étant la loi 101, instaurée par le gouvernement en 1979, est la Charte de la langue française qui définit les droits linguistiques des Québécois en plus de faire du français la langue officielle du Québec (Plourde, 1988, p. 9). De plus, elle rend obligatoire l’affichage commercial en français et oblige chaque entreprise comptant plus de 50 employés à adopter des programmes de francisation (Plourde, 1988, p.9).  [Pour en savoir plus sur les mesures gouvernementales  en vue de la conservation de la langue française]



Géographiquement, le Québec représente le seul ilot en Amérique majoritairement francophone (voir carte ci-dessous), ce qui fait de la langue une particularité culturelle qui pourrait être responsable de l’attachement envers celle-ci. 

Ainsi, ces deux raisons sont responsables, en grande partie, selon moi, de l’importance que le peuple québécois accorde à sa langue. En tant que Québécoise, je saisi qu’il est important de faire perdurer la langue française, de la protéger le plus possible car celle-ci est partie entière de notre paysage culturel. La perdre serait, en fait, comme perdre une racine ancrée depuis 1608 à Québec. J’ai vécu les deux dernières années de ma vie à Montréal, dans le quartier Côte-des-Neiges, reconnu pour sa grande diversité ethnique, que j’ai d’ailleurs pu constatée à travers ma participation dans l’organisme PROMIS. Cet organisme, comme je l’ai expliqué dans mon journal de bord précédant, se met au service de la population immigrante dans l’optique d’aider à son adaptation. Le Québec est perçu, je pense, à travers la planète comme une terre d’accueil intéressante et devient le choix de divers immigrés, ayant chacun leur langue maternelle. Dans ce contexte de plurilinguisme, il est clair que la conservation de la langue française est menacée. En effet, elle pourrait facilement être délaissée pour la langue anglaise, plus facile à maîtriser et souvent déjà connue des immigrants. D’ailleurs, il est toujours surprenant, dans la métropole québécoise, de se faire aborder en anglais et par la suite en français dans les divers magasins sur la rue Sainte-Catherine. Je peux comprendre, de cette façon, que les Québécois peuvent sembler choqués et avoir peur vis-à-vis la perte d’une part de ce qu’on pourrait qualifier d’identité québécoise.

C’est d’ailleurs dans ce contexte que je perçois la pertinence d’un organisme comme PROMIS. Je crois qu’il est important que le gouvernement québécois instaure certaines mesures pour la conservation de la langue mais qu’il ne faut surtout pas négliger la part des organismes privés dans l’optique de la conservation de la langue.  Au sein de PROMIS, je travaillais auprès des enfants dans un section plus spécifique de l’organisation à but non lucratif, l’École du Samedi. L'optique de cette section de l'organisation était de maximiser les chances de réussite des enfants immigrants, qui étaient intégrés dans des écoles de langue française. Ceci at deux buts : premièrement, s’assurer de la réussite scolaire des enfants immigrants et deuxièmement, s’assurer de l’intégration de ceux-ci. Ainsi, on peut voir l’influence de la connaissance d’une langue sur l’ensemble des sphères de l’existence des immigrants. Ci-dessous, vous pouvez voir une photo de Stéphanie, 7 ans, d'origine sri lankaise, et de moi, qui étais sa tutrice.

En pensant à l’immigration au Québec et l’usage de la langue française, on peut s’interroger sur la volonté de l’immigrant vis-à-vis l’apprentissage de la langue française. Au cours de la lecture du document rédigée en 2007 de Rocher et de ses collaborateurs, on constate que, au départ, l’immigrant pouvait choisir l’anglais pour plusieurs raisons : « parmi les facteurs sociologiques, on rappelait que l’immigrant choisissait moins le Québec que l’Amérique du Nord et, pour des raisons de mobilité économique, privilégiait l’apprentissage de l’anglais» (p. 3). Pourtant, à travers mon travail dans l’organisme PROMIS, j’ai constaté que beaucoup d’immigrants démontrent leur souhait de s’intégrer à la société en apprenant la langue ; chaque semaine, les nouveaux arrivés venaient déposer leurs enfants aux locaux de l’organisme, prenait la peine de se déplacer parce qu’ils perçoivent l’opportunité qu’on leurs enfants d’apprendre pour s’intégrer. D’ailleurs, je pense que beaucoup d’immigrants souhaitent apprendre en l’optique de s’intégrer et c’est le point de Micone (voir photo ci-dessous) à travers le poème Speak White : 

Imposez-nous votre langue 
Nous vous raconterons 
La guerre, la torture et la misère 
Nous dirons notre trépas avec vos mots 
Pour que vous ne mouriez pas 
Et vous parlerons 
Avec notre verbe bâtard 
Et nos accents fêlés 
Du Cambodge et du Salvador 
Du Chili et de la Roumanie 
De la Molise et du Péloponnèse 
Jusqu'à notre dernier regard 


Ces vers démontrent très bien l’interdépendance entre les immigrants et les sociétés civiles québécoises ; le Québec offre une nouvelle vie aux immigrants, les immigrants permettent, ou non, de conserver la langue française et le gouvernement a le pouvoir d’accepter, ou non, la présence de l’immigrant sur le territoire. Alors, une question important à traiter serait la façon dont ce type d’interdépendance régit réellement le comportement du gouvernement et des immigrants.

Aucun commentaire: